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BTS Aménagements Paysagers  Bougainville

BTS Aménagements Paysagers Bougainville

Informations sur la formation du BTS Aménagements Paysagers et sur le domaine de l'aménagement des espaces.


Beautiful Landscapes

Publié par c chanau sur 1 Mars 2011, 08:31am

Catégories : #paysagisme

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Dans un traité intitulé À la découverte du paysage vernaculaire en 1984, l’américain John Brinckerhoff Jackson définissait le paysage comme une succession de traces, d’empreintes qui se superposent sur le sol, comme le lieu de décantation des expériences humaines successives. Difficile de ne pas voir dans la série des Beautiful Landscapes que la jeune Pauline Bastard mène depuis 2007, une prolongation amusée de son propos. Minutieusement déchirés des pages de quelques manuels de géographie ou magazines de voyages, les fragments d’icônes paysagères viennent se superposer et se conjuguer pour former de nouveaux panoramas alpins. Et comme le dit leur titre, ils sont forcément beaux et à contempler. À l’évidence, le principe plastique employé se veut évocateur de la construction paysagère par sédimentation géologique et culturelle. Mais à travers les manipulations finalement relativement simples de la déchirure, la composition puis la numérisation, se lit également une synthèse poil-à-gratter et assez jubilatoire de la grande histoire iconographique de notre environnement naturel et de ses canons blockbusters. Et tout y passe! À commencer par la théorie du sublime de ce cher Kant, ici représentée par des sommets enneigés baignés de soleil dont la beauté n’a d’égal que l’inaccessibilité soulignée par la scarification affligée à la feuille de papier. Bastard n’épargne pas non plus le romantisme désuet de la scène laborieuse aux champs dont les faucheuses d’alpage sur offset N&B se livrent à l’observation contemplative d’un personnage 100% friedrichien en costume. Un peu plus loin, les analogies formelles entre pitons rocheux et épines faîtières des habitations d’altitude renvoient aux études anthropologiques et topomorphiques qu’aurait sans nul doute menées un Aby Warburg perdu au pays du Beaufort. Etc, etc. Comme quoi, avec une pile de photos arrachées et un bon scanner, il n’est pas impossible de digérer plus de cinq siècles de représentation paysagère ! Et c’est justement cette malicieuse habileté de Pauline Bastard à refaire dans la réinterprétation que la curatrice française Bénédicte Ramade a choisi de mettre en perspective dans la brillante exposition Rehab à la fondation EDF à Paris.

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